Le tabagisme passif

Le tabagisme passif (aussi connu comme fumée environnante, fumer involontairement ou fumée passive) est un mélange complexe de plus de 4000 produits chimiques qui comprennent au moins 69 carcinogènes connus et beaucoup d’autres produits dangereux pour la santé. La Convention-cadre de l’OMS pour la lutte antitabac (CCLAT) – le traité international pour la lutte antitabac – indique que « les preuves scientifiques ont établi sans équivoque qu’exposition à la fumée de cigarette provoque la mort, les maladies et l’invalidité. » Selon l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), le tabagisme passif est un carcinogène humain pour lequel il n’existe aucun taux « prudent » d’exposition.1

Les autorités scientifiques et de la santé dans le monde s’accordent à dire que le tabagisme passif pose un risque sérieux à la santé et que des mesures efficaces doivent être mises en place afin d’en réduire l’exposition, comme en témoignent leurs conclusions, présentées ci-après :

  • Le tabagisme passif provoque des cancers du poumon, des maladies cardiovasculaires, des affections pulmonaires telles que les bronchites aigues et l’asthme (en particulier chez les enfants), des morts subites du nourrisson et est une cause de faible poids de naissance ;
  • Le seul moyen efficace d’éliminer les risques associés au tabagisme passif est d’assurer l’adoption de législations antitabac exhaustives (interdiction de fumer) qui comprend tous les lieux de travail en intérieur et les lieux publics ;
  • Les preuves établissant que la législation antitabac protège la santé sans pour autant nuire au commerce ou à l’économie sont claires.

Le tabagisme passif nuit aux enfants et aux adultes non-fumeurs

En juin 2006, le Surgeon General of the United States (le département américain des services de santé) a publié un rapport scientifique officiel sur le tabagisme passif, The Health Consequences of Involuntary Exposure to Tobacco Smoke (les conséquences de la fumée passive sur la santé) dont voici les conclusions :

  • la fumée passive provoque des maladies et la mort prématurée chez les enfants et les adultes non-fumeurs ;
  • le contact avec la fumée passive augmente les risques de mort subite du nourrisson, d’infections respiratoires aigues, de problèmes aux oreilles et d’asthme aigu chez les enfants ;
  • l’exposition à la fumée passive a des effets nocifs immédiats sur le système cardiovasculaire chez l’adulte et est une cause de maladie coronarienne et de cancer du poumon ;
  • les preuves scientifiques indiquent qu’il n’existe pas de taux de tabagisme passif sans risque. »2

D’autres études et rapports ont établi les effets néfastes de la fumée passive pour les non-fumeurs :

  • En 2005, un rapport de la California Environmental Protection Agency (CalEPA) (l’Agence de protection de l’environnement californienne) qui est reconnue comme leader sur les problèmes liés à la fumée passive, a affirmé et renforcé ses conclusions précédentes à propos des méfaits occasionnés par la fumée passive. Ces méfaits comprennent la mort subite du nourrisson, l’asthme, une augmentation du nombre d’infections des voies respiratoires, une augmentation du nombre d’otites, le poids faible de naissance et des problèmes liés au fonctionnement des poumons chez l’enfant, le cancer du poumon et les maladies cardiovasculaires chez l’adulte. La CalEPA a aussi ajouté deux nouvelles conclusions importantes mettant en évidence que le tabagisme passif provoque le cancer du sinus et qu’il est une cause de cancer du sein chez les jeunes femmes, en majorité chez celles en pré-ménopause ;3
  • En 2004, un rapport du U.K. Scientific Committee on Tobacco (le comité scientifique sur le tabac du Royaume-Uni) a conclu à une augmentation de 24 % du risque de cancer du poumon et de 25 % de celui de maladies cardiovasculaires chez les non-fumeurs exposés à la fumée passive. Le rapport a par ailleurs établi que, chez l’enfant, les preuves scientifiques mettent en évidence un lien entre la fumée passive et une augmentation du risque de pneumonie et de bronchite, de crises d’asthme, d’otites moyennes, de capacité pulmonaire réduire, de mort subite du nourrisson et de faible poids de naissance ;
  • En 2002, un rapport du Centre international de recherche sur le cancer de l’OMS (IARC) a conclu que la fumée passive cause le cancer du poumon, des maladies cardiovasculaires et d’autres problèmes de santé.4

Seules des lois exhaustives interdisant la cigarette sont des protections efficaces contre le tabagisme passif

Le principe de base de la CCLAT demande que les gouvernements « protègent tous les individus contre l’exposition à la fumée du tabac » au lieu de protéger seulement certaines populations comme les enfants ou les femmes enceintes. Cette protection doit s’appliquer aux « lieux de travail intérieurs, [aux] transports publics, [aux] lieux publics intérieurs et (…) [à] d’autres lieux publics. »

Les autorités sanitaires dans le monde s’accordent à dire que le seul moyen efficace d’éliminer l’exposition au tabagisme passif passe par l’adoption de législations exhaustives (interdictions de fumer) applicables à tous les lieux de travail en intérieur et aux lieux publics. Parmi les autorités sanitaires ayant recommandé cette réglementation figurent notamment :

  • l’L’Organisation mondiale de la Santé : le site web de l’OMS présente la situation en ces termes : « des espaces 100 % libres de fumée : la seule solution. Qu’il s’agisse des odeurs ou de la santé, ni la ventilation, ni la filtration de l’air, seules ou associées, n’arrivent à réduire l’exposition de la fumée à l’intérieur des locaux à des niveaux considérés comme acceptables » ;
  • the U.S. Surgeon General : « l’élimination complète de la fumée dans les lieux fermés protège les non-fumeurs contre les effets de la fumée passive. Le fait de séparer les fumeurs des non-fumeurs, de filtrer l’air et de ventiler les immeubles ne peut pas éliminer l’exposition des non-fumeurs à la fumée passive. » ;5
  • the U.K. Scientific Committee on Tobacco and Health : « ceci est une forme de pollution l’air intérieur que nous pouvons contrôler et prévenir…aucun bébé, enfant ou adulte ne devrait être exposé à la fumée passive…La fumée passive représente un risque important pour la santé publique. » ;6
  • depuis quelques années, un nombre croissant de pays et provinces, d’états et de territoires ont adopté des lois exhaustives portant sur l’interdiction de fumer. Ceux-ci comprennent : les Bermudes, le Bhutan, l’Angleterre, la France (à partir de 2008), l’Irlande, l’Italie, la Lituanie, la Nouvelle Zélande, l’Irlande du Nord, la Norvège, l’Ecosse, la Suède et l’Uruguay.

Les lois exhaustives interdisant de fumer portent sur les lieux suivants :

  • les lieux de travail intérieurs ;
  • les locaux gouvernementaux ;
  • les bars, les pubs, les restaurants, les magasins et les centres commerciaux ;
  • les lieux de loisirs publics tels que les théâtres, les salles de concert et les musées ; et
  • les transports en commun tels que les bus, les taxis, les trains, les avions et les bateaux.

En plus de ces lois, l’OMS recommande que les actions suivantes soient mises en place afin de réduire l’exposition au tabagisme passif :

  • placer sur les paquets de cigarettes des avertissements mettant les fumeurs en garde sur les dangers que la fumée pose pour les enfants et les autres personnes ;
  • former les médecins et autres responsables de la santé sur les conséquences du tabagisme passif sur la santé ;
  • mettre en œuvre des programmes visant à aider les femmes enceintes à arrêter de fumer.

Afin de réduire l’exposition à la fumée passive dans la maison, où beaucoup d’enfants en subissent les effets, l’OMS préconise que les gouvernements lancent des campagnes d’information publiques ciblant les chefs de famille et mettant en lumière l’impact négatif de la fumée passive sur les enfants et les autres non-fumeurs.7